[Série] The End of the F***ing World

Les séries anglaises, c’est toujours un autre univers. Entre humour british et réalité crue, les scénaristes parviennent à faire évoluer des intrigues surfant tour à tour sur le banal du quotidien, le décalé, la violence et l’absurde. The End of the F***ing World en est un bon exemple. Cette courte série de seulement 8 épisodes est à découvrir sur Netflix.

The End of the F***ing World

L’histoire

James est un psychopathe. Il le sait, il a fait le tour de la question, il n’éprouve aucune empathie pour ses camarades de lycée ou même son père. Souhaitant explorer cette facette de sa personnalité, il se lance alors dans une expérience sordide, suite logique de ses petits hobbies macabres : tuer un être humain. Sa nouvelle petite amie Alyssa pourrait bien être le cobaye idéal, si elle n’était pas aussi dérangée et imprévisible. Fuyant leur quotidien vide de sens dans un road trip à la recherche de quelque chose qui vaille la peine de vivre, les 2 adolescents partent en réalité à la rencontre d’eux-mêmes.

Fuite en avant

Ces 2 ados en manque de repères illustrent bien ce que peuvent ressentir des enfants évoluant dans des cercles familiaux déséquilibrés, en mal d’amour, dans nos sociétés où tout le monde court après la réussite égocentrée ou simplement le quotidien. Certes, on nous présente James et Alyssa comme deux petits cons capricieux et violents. Mais leur langage vulgaire et leur comportement odieux sont autant de signaux d’alarme d’un dysfonctionnement sociétal, que des appels au secours de jeunes suicidaires. Confrontés à eux-mêmes, les deux jeunes frôlent l’autodestruction à chaque instant, comme des grenades dégoupillées prêtes à exploser à tout moment. Enchaînant les méfaits sans scrupule ou espoir d’un lendemain, ils repoussent les limites toujours plus loin pour voir à quel moment le monde s’arrête. Jusqu’où peut-on aller dans ce monde qui n’a aucun sens, et comment tout arrêter ?

Et les adultes ?

Si les personnages principaux sont adolescents, l’ensemble des personnages secondaires est incarné par les adultes qui les entourent. Famille, inconnus, policiers… The End of the F***ing World aborde en réalité autant le mal-être adolescent que les comportements problématiques des adultes à l’origine de ce mal-être. Le spectateur pourra s’identifier des deux côtés. D’abord en se remémorant sa propre puberté, peut-être tout aussi bancale, peut-être privilégiée. Quelque soit notre parcours de vie, nous avons tous déjà ressenti le grondement sourd et violent de la révolte, qu’il ait été exprimé au cours d’une crise d’ado ou non. Mais le spectateur peut aussi se placer du côté de l’adulte et observer, avec malaise, que ces deux ados arrogants de prime abord ne sont peut-être que le résultat d’un manque cruel de bienveillance et d’accompagnement.

Réalisation parfaite

Esthétique, jeu d’acteur, montage… Tous les ingrédients sont réunis pour faire de The End of the F***ing World une petite pépite qui convaincra les sérivores les plus exigeants. La violence est est sans fard, froide et brute, et souvent inattendue. La sensation de malaise grandit au fur et à mesure des événements. Le sentiment de dégoût face à l’insolence des ados laisse place petit à petit à une grande empathie troublante. Un tour de maître tant à la production qu’au scénario.

En faisant quelques recherches pour cet article, j’ai découvert que The End of the F***ing World est adapté d’un comic anglais. Je vous mets le lien ci-dessous si cette lecture vous intéresse.

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