[Livre] Orange is the new black

Qui n’a pas encore vu cette merveilleuse série Orange is the New Black ? Au sein d’un pénitencier américain pour femmes, on suit les histoires de ces détenues aux personnalités fortes qui nous font passer du rire aux larmes. Mais savez-vous que cette série est inspirée d’un livre, lui-même intitulé Orange is the new black et qu’il s’agit d’un récit autobiographique ? Écrit par, je vous le donne en mille, Piper Kerman.

orange is the new black

L’histoire

Jugée pour avoir été complice, presque 10 ans plus tôt, de trafic de drogue avec sa petite amie de l’époque, Piper Kerman est incarcérée au pénitencier de Danbury. Elle découvre un monde à part, dans lequel chaque détenue tente de redonner de l’humanité à leur quotidien pesant et froid. Elle y raconte son jugement, son incarcération, la vie au pénitencier, le jour, la nuit, au travail, les relations entre détenues, les surveillants, les coups durs, le passé de ces femmes, toutes différentes, toutes semblables.

Le livre / la série

Si le livre est bien autobiographique avec des femmes réelles, la série Orange is the New Black a complètement scénarise l’ensemble. La réalisatrice a repris quelques personnes dont parle Piper Kerman dans son livre, et les a transformés en personnage. À commencer par Piper (Chapman au lieu de Kerman) elle-même, qu’elle tourne complètement en dérision pour en faire un personnage égocentré parfois détestable. Les défauts et les qualités sont exacerbés pour donner du divertissement au téléspectateur et créer des intrigues captivantes. La réalité du livre est moins distrayante, bien que l’auteure manie le sarcasme et l’humour à merveille !

Un plaidoyer contre le système carcéral

Je vous avais déjà parlé des limites du système judiciaire américain avec mon article sur l’édifiante série documentaire The Confession Tapes.

Cet ouvrage vient apporter une pierre à l’édifice. Piper, du haut de ses 30 ans, de sa culture, de son intelligence, porte une réflexion très intéressante sur la vacuité du système carcéral américain. Celui-ci est résolument punitif. Les accusés doivent purger leur peine dans des conditions souvent inhumaines imposées plus par intérêt financier que par devoir. Elle constate malheureusement que ce système crée de nombreuses récidives, car une fois libérées, ces femmes ne savent pas comment sortir du cercle vicieux qu’est devenu leur vie. Piper rêve de prisons qui pourraient éduquer ces détenus pour les sortir des spirales dans lesquels ils retournent inexorablement une fois libérés : cités, violences familiales ou conjugales, réseaux de drogue, de prostitution.

Après avoir eu cet aperçu de la vie en détention, je vibre aussi avec cette idée que d’accompagner les détenus vers une autonomie permettrait de désemplir les prisons et limiter les récidives, au risque d’un manque à gagner pécuniaire pour le système carcéral américain. Car comme il est toujours question d’argent quelque part, certains voient un intérêt financier à ce que les choses ne changent pas.

Aujourd’hui, l’auteure travaille (entre autres) pour la Women’s Prison Association, qui accompagne les détenues dans leurs démarches.

En résumé, si la série Orange is the New Black vous plaît et que vous souhaitez aller plus loin, ce livre mérite vraiment d’être lu pour son parti pris.

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