[Livre] Détruite

Depuis quelques temps, la littérature me désintéresse. Je veux me rapprocher de l’humain, de son vécu, comprendre comment une personne se construit, comment ses expériences ont influé sur sa personnalité. Du coup, je suis plus attirée par les témoignages que les romans pour l’instant. En voici un qui m’a beaucoup marquée, Détruite, d’Hélène Montel.

L’histoire
Dans ce récit autobiographique, Hélène raconte sa relation particulière avec son mari. Dans son quotidien morne et sans joie, Hélène subit les crises de colère et les caprices de Dominique, et élève leurs deux filles. Et puis du jour au lendemain, Dominique la quitte pour une autre, puis revient quémander une nuit d’amour, puis déménage totalement. Hélène relate ses peines de cœur à son amie psychologue qui établit rapidement un diagnostic qui va changer la vie d’Hélène : Dominique est un pervers narcissique.

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Le pervers narcissique, qu’est-ce que c’est ?
Comme son nom l’indique, c’est un subtil mélange entre l’égo et le plaisir sadique de la manipulation. En soi, l’égo n’est pas mauvais, comme le narcissisme, mais à haute proportion, ils peuvent devenir purement égoïste au point de manquer totalement d’empathie et d’être insensible à la souffrance des autres. Et si cet égo est combiné à une propension à la perversion (dans sa forme malsaine et malveillante), alors on obtient un pervers narcissique (PN dans le jargon) : une personne qui puise sa force et son bien-être dans la destruction d’une victime choisie avec soin, qui ne voit rien de ce manège à sens unique.

Le pervers narcissique créé d’abord un sentiment de dépendance, sa victime se sent valorisée à ses côtés, protégée, en sécurité affective. Puis le pervers narcissique isole sa victime des autres, petit à petit, famille, amis, collègues… pour asseoir sa domination totale et que sa victime soit entièrement dépendante. Lorsque c’est le cas, le pervers narcissique peut alors agir à sa guise pour valoriser en diminuant l’autre, à coups de mensonges, tromperies, confusions, syllogismes, chantage affectif et d’autres méthodes qui impriment une grande violence psychique sur la victime.

Le témoignage d’Hélène est édifiant, elle y raconte en détail le calvaire qu’elle a vécu, sa prise de conscience, sa difficulté mais aussi sa réussite à refaire surface et retrouver une vie normale, des relations aux autres saines. Un dossier placé en postface par une psychologue vient étayer ce récit par une analyse du pervers narcissique et son mode de fonctionnement. Cela donne aussi quelques clés pour s’en sortir :
– Déculpabiliser la victime. Celle-ci est choisie avec soin par le pervers narcissique, ce n’est pas une question d’intelligence mais de détresse émotionnelle. La victime est victime, pas fautive.
– S’entourer. Parler de son vécu avec des personnes qui sont passées par les mêmes difficultés, rencontrer des spécialistes, des aides psychologiques pour affronter la situation et s’en sortir.

Ce qui m’a le plus fait de la peine dan cette histoire, c’est l’angoisse des enfants qui sont ballottés entre les deux parents, et le père essaye de les manipuler à son avantage. Comment savoir qui croire, qui choisir entre papa et maman ? Ces filles en sortiront marquées à vie.

Ce sujet me tenait à cœur car une de mes clientes a été victime de pervers narcissique et son histoire m’a touchée. Je pense également en avoir croisé un au cours de ma vie, sans avoir été victime.

Je vous conseille ce témoignage instructif qui montre bien que même la bienveillance a ses limites, et qu’il existe des gens pour qui ce sentiment est tristement inexistant. J’imagine que la raison se trouve dans l’enfance de ces personnes, mais les victimes n’ont pas la chance de les voir se remettre en question.

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