[Livre] Les derniers jours de Rabbit Hayes

Il m’a suffit de lire le titre pour avoir envie de lire le livre en entier et connaître l’histoire de cette fameuse Rabbit Hayes. Au final, la lecture ne m’a pas transportée ni enchantée, mais je pense que le livre donne tout de même quelques clés que j’ai envie de partager avec vous.

L’histoire

Rabbit a un cancer. Elle va mourir dans quelques jours. Dans la maison de soin irlandaise, les membres de sa famille se relaient à son chevet pour la soutenir dans cette épreuve difficile. Chacun rit, blague et se voile la face pour éviter de réaliser à quel point la situation est dramatique. Ses parents déploient une énergie folle pour trouver des remèdes miracles. Sa sœur pète un plomb. Son frère quitte sa tournée aux États-Unis et se demande ce qu’il a réalisé jusqu’ici. Sa meilleure amie cherche sa place dans cette famille. Rabbit profite de ses rêves pour se remémorer les moments partagés avec son amour de jeunesse. Et sa fille Juliet, 12 ans, éponge son front pendant son sommeil. Jusqu’au moment où il faut admettre l’inévitable. Rabbit Hayes a un cancer. Elle va mourir dans quelques jours.

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La famille Hayes, cela pourrait être ma famille. Des gens unis, aimants, bienveillants. Mais aussi un humour noir et une confiance en la vie à toute épreuve. Rabbit ne vaincra pas son cancer, mais jusqu’au dernier moment elle sera soutenue par cette famille qui a conscience des forces et des faiblesses de chacun, et qui ne veut surtout pas perdre un de ses membres. Je pense que c’est la première clé que nous livre le texte. Je ne dis pas qu’il qu’on peut toujours compter sur sa famille pour nous soutenir même lorsque l’on ne gagne pas, ce n’est pas le cas pour toutes les familles. En revanche, dans le cas des cancéreux ou des personnes en fin de vie, la présence de la famille est un soutien précieux pour le mourant, qu’il soit conscient de son état ou non. Pour l’avoir vécu, j’en suis certaine.

Le livre pose aussi la question de la famille justement, des survivants. Comment affronter la mort qui va advenir ? Qui va s’occuper de Juliet ? Chacun essaye de gérer les choses à sa façon : foi religieuse, colère, déni, tristesse, humour… L’auteur parle de toutes ces formes de réactions, de toutes les émotions qui peuvent nous traverser lorsque nous sommes sur le point de perdre un proche. Car si c’est évidemment difficile pour le mourant, la situation est aussi difficile à vivre pour les proches. Certains membre du personnel médical en ont bien conscience, comme dans le livre, mais ce n’est pas toujours le cas. Alors la deuxième clé de l’auteur est là : se soutenir mutuellement, accepter d’être en colère, accepter la colère de l’autre, prendre conscience de nos émotions et les vivre, aider l’autre l’autre à vivre avec ses émotions, et surtout parler. C’est un double travail qui permet de relâcher la pression, de lâcher prise sur ses propres émotions pour vivre ce moment difficile du mieux qu’on le peut.

La famille c’est une structure. Chacun y a sa place le plus naturellement du monde. Mais lorsque l’un des membres s’apprête à la quitter, la structure est déséquilibrée, bancale, et les éléments qui la composent s’affolent. On dit souvent d’ailleurs que la famille est amputée d’un membre, tellement l’absence d’un proche pose un problème fonctionnel. Rabbit met de la lumière dans la vie des membres de sa famille. Elle est maman. Elle est un pilier pour sa meilleure amie. Ces rôles ne seront plus remplis dans quelques jours. Par anticipation et inconsciemment, les membres de ce cercle se cherchent une nouvelle place dans la structure familiale, les rôles se répartissent d’une nouvelle façon, pour que chacun puisse continuer à avancer, et que la famille reste unie malgré ce drame. A mon sens, c’est la troisième clé : il est normal que la famille change, que des gens s’éloignent, que d’autres reviennent, que tout fluctue pendant quelques temps. Après un décès, comme après une naissance, comme après un drame ou d’autres éléments marquants, chacun essaye de trouver sa place. On se questionne sur nos vies, ce que l’on a accompli jusqu’alors, et on fait plus de place à l’écoute de nos désirs. Qui suis-je, qu’est-ce que je souhaite faire du temps qu’il me reste ? La remise en question est nécessaire pour que la structure familiale trouve un nouvel équilibre. Cependant, c’est un processus sur lequel nous n’avons pas vraiment d’emprise. La vie trouve toujours un chemin.

Ce livre est un bon livre. Même s’il n’a pas vibré avec moi, il vibrera certainement avec d’autres cœurs. Si le thème des tranches de vie vous est cher ou attire votre curiosité, je ne peux que le recommander. Nous sommes tous amenés à être confrontés à la perte d’un cher. Ce livre vous racontera une belle histoire.

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