Le deuil du parent parfait

Je fais partie d’un groupe sur Facebook réservé aux mamans. On y parle de nos enfants, de parentalité, de nos difficultés, de nos moments de joie, on partage. Et puis un jour est venue cette question : « Avez-vous réussi à faire le deuil de la maman parfaite ? » Et cette question m’a dérangée.

Elle m’a dérangée parce que j’estimais avoir toujours fait au mieux pour mon enfant. J’ai quitté un CDI pour m’occuper de ma fille, démarré une activité qui me permettra de rester plus longtemps à la maison qu’avec un poste fixe. Je passe beaucoup de temps, tous les jours à jouer avec elle, en prenant soin de lui faire faire de la motricité, de l’éveil, de l’apprentissage du langage. Et puis c’est mon enfant, avec son père nous sommes tout ce dont elle a besoin. Évidemment j’ai aussi quelques regrets, comme le fait de ne pas avoir su l’allaiter, il m’est arrivé de craquer quelques fois. Mais j’estimais être la meilleure maman possible pour ma fille.

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Mais je me trompe évidemment. Tous les parents du monde pensent élever leurs enfants de la meilleure façon qui soit, être les meilleurs parents pour eux. Et tous les enfants du monde, en grandissant, se rendent compte des défauts de cette éducation, des besoins qui n’ont pas été comblés, des failles de cette relation parent-enfant. Et quand ces enfants deviennent parents à leur tour, ils pensent savoir ce qui est le mieux, mais ils feront d’autres erreurs, ils ne seront pas parfaits pour autant. Et c’est ainsi, c’est la vie. C’est ainsi que nous nous construisons en tant que parent, et c’est ainsi que se construisent nos enfants. Avec ces imperfections, ces failles. Tout ce qui fait notre personnalité et notre humanité.

Je ne suis pas une maman parfaite. Je vais commettre des erreurs en matière d’éducation, c’est peut-être déjà le cas, ma fille a eu 9 mois en août. J’ai des failles, des défauts, des émotions, qui viennent teinter ma relation avec ma fille, même si j’essaie de l’en tenir à l’écart le plus possible. Tout cela, j’en suis consciente. Après tout, mes parents ne sont pas parfaits. Et je pense que les personnes qui peuvent affirmer le contraire sont très rares.

Pour autant je n’ai pas encore fait le deuil de la maman parfaite. Parce que c’est un idéal qui me motive à être chaque jour un meilleur parent pour ma fille. Parce qu’elle est encore petite et si facile à vivre que tout semble naturel. Parce qu’elle est un enfant parfait à mes yeux, qui mérite une maman parfaite. Parce que l’amour que nous partageons est parfait, pour moi en tout cas.

Mais un jour, je me rendrais compte que ma fille a grandi et qu’elle n’a pas vécu les choses de la même façon que moi, que tout ce que je lui ai transmis n’était peut-être pas bon. Quand elle sera adolescente elle aura un autre regard sur ces moments passés toutes les deux et la façon dont je l’ai élevée. Un jour ou l’autre, je serais obligée de faire le deuil de la maman parfaite. Mais ce jour n’est pas encore arrivé.

Évidemment, cet article est écrit de mon point de vue de maman, mais j’imagine que c’est un sentiment partagé par tous les parents du monde, maman ou papa. À quel moment avez-vous fait le deuil du parent parfait ?

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