La fatigue parentale

La fatigue parentale, je pense que c’est un sujet qui parlera à tous les parents. Si vous me suivez sur Instagram, vous avez pu voir que ma vie de maman m’avait beaucoup fatiguée ces temps-ci. C’était un peu plus que de la fatigue et c’était corrélé  à un pic hormonal, le cocktail parfait de la maman qui pète les plombs.

J’avais oublié à quel point les règles et notre système hormonal ont une influence énorme sur nos émotions. D’habitude, même en période de règles, je reste très mesurée, maître de moi-même, juste des migraines qui me pourrissent la vie quelques jours mais pas d’autres désagréments. Mais la semaine dernière le pic hormonal a été bien plus puissant que d’ordinaire et je me suis vue passer des heures à déprimer. D’abord pour des conneries : je repasse un torchon déjà tâché. Puis pour des trucs plus importants : Pôle Emploi qui ne m’a pas viré mes indemnités du mois. Et puis finalement, je me suis rendue compte à quel point mon statut de maman me pesait.

La fatigue parentale

Quand on est maman, et encore plus quand on travaille à la maison ou qu’on est maman au foyer, on peut vite s’oublier dans la parentalité. Nous passons nos journées à veiller à ce que les besoins de nos enfants soient comblés, et nous faisons passer leurs besoins avant les nôtres. A la fin de la journée, quand mon compagnon rentrait du travail, je ne parlais qu’en “on”. “On a fait tomber le jouet par Terre” : non non, c’est ma faille qui l’a fait tomber, pas moi. Elle a fait tomber le jouet par Terre. “On a fait toute la vaisselle” : encore non, c’est moi qui ai fait toute la vaisselle. On s’oublie dans ce “on”. On y perd notre capacité à savoir ce dont on a envie et ce qui nous fait plaisir. On se raccroche à des petits moments dans la semaine qui nous ressourcent (pour moi c’est le sport), mais qui servent simplement de tampon en attendant le prochain moment où l’on sera seul.

Seul. Se retrouver soi et uniquement soi. Être une seule personne et non deux en une. Et j’ai de la chance, je n’ai qu’un enfant. C’est quelque chose qui peut être difficile à comprendre, en tout cas ça l’était pour moi quand je n’étais pas encore maman. C’est pourquoi il n’y a pas de meilleur soutien pour une maman qu’une autre maman. J’échange beaucoup avec un groupe de mamans sur Facebook. On se soutient dans les moments durs, on s’accepte dans nos imperfections éducatives. On se conseille sur la gestion de nos petits monstres.

Et puis j’ai vidé mon sac auprès de maman. Ma maman qui a eu 4 enfants, dont deux rapprochés car je n’ai qu’un an d’écart avec ma sœur Cécile. Ma maman qui a arrêt de travailler pour s’occuper à temps plein de ses 4 petits monstres. Et que je n’ai jamais vu flancher. Elle m’a rassurée, elle a pris le relais mercredi le temps que j’aille travailler au cabinet et me ressourcer auprès des oies, des canards et d’un cheesecake (chacun ses vices).

la fatigue parentale

La fatigue parentale est comme une corde sur laquelle on tire tant qu’on a des forces. Elle est à la fois physique : on ramasse, on joue, on chante, on porte (à 11 mois ma fille pèse 11,7 kg)… Mais cette fatigue est aussi mentale : notre attention est focalisée en permanence sur ce petit bout qui a une curiosité insaisissable pour tout ce qui peut représenter un danger. Et elle est encore émotionnelle : on est toujours joyeux auprès de nos enfants, on ne s’autorise pas toujours à leur montrer nos mauvais côtés.

On a le droit de craquer. Oui c’est pas facile. Oui c’est un vrai travail de s’occuper des enfants, même juste un seul à la maison. Oui quand on a nos règles on est à fleur de peau et c’est irrationnel mais c’est comme ça. Oui parfois on a besoin de faire une pause, s’évader, se retrouver. Et la vie reprend. Et on est à nouveau disponible et pleine d’enthousiasme à jouer avec son enfant. Et la vie est belle. Et j’ai envie d’un deuxième enfant.

La fatigue parentale, je vais la subir encore quelques années. Mais c’est pas grave, parce que ça vaut vraiment le coup.

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